Changement de cap

1h du matin, je réveil le réceptionniste, il est l’heure de partir. J’ai décidé d’abandonner le Rajasthan où mes prochaines étapes s’annonçaient usantes pour retrouver l’Inde du Sud, celle qui m’a donnée envie de découvrir le monde, celle qui m’a fait revenir dans ce pays.

Pour faire cap sur Goa depuis Udaipur il y a plusieurs options, prendre 2 avions mais je n’en ai pas envie, prendre un premier train jusqu’à Mumbai (pour y passer quelques jours ou pas ) puis enchaîner avec un second train à prendre depuis une autre gare mais là encore me retrouver dans la plus grande ville du pays qui est aussi la plus chère avec l’argent que j’ai en poche ne me fait pas rêver. Je choisis donc de rejoindre Ahmedabad, capitale du Gujarat en bus de nuit et d’enchaîner ensuite avec un train couchette avec pour unique inquiétude à ce moment là, trouver des toilettes descentes sur le trajet.
Avec un des réceptionniste nous nous rendons à l’adresse indiquée sur mon billet de bus en scooter, nous avons un nom de rue mais pas de numéro, ici on indique son adresse en précisant les noms des boutiques qui se trouvent à proximité ( espérons pour eux que les enseignes ne changent pas souvent.. )

Il fait 17 degrès, après plus d’une heure d’attente, alors que nous nous apprêtons à rentrer à l’auberge par désespoir de cause, le bus arrive enfin.
Une fois à bord, je découvre avec stupéfaction les couchettes, il n’y a pas de place assise disponible, j’hésite à faire demi tour…mon hôtelier est parti, le bus démarre…allez ce n’est rien j’arriverai bien à dormir me dis-je.

J’enjambe les passagers qui dorment sur le sol pour grimper dans une sorte de grande cage à lapin en verre dans laquelle je me faufile telle une baleine dans un aquarium.
Après 1h de trajet chaotique, rien ne va plus, je suis vraiment malade, je suis au plus bas ( je vais crever en Inde…dès que j’arrive je prend le premier avion pour quitter le pays…) , je finirai par vomir avant de trouver une position légèrement plus confortable qui me permettra de ne pas agoniser complètement jusqu’à ce que mon ventilateur s’arrête ( la clim était juste sur le papier..! ).

J’interpelle les autres passagers pour leur demander de l’aide…c’est alors qu’on m’indique que nous sommes à Ahmedabad. A ce moment là je devrais être soulagée d’arriver à destination mais à vrai dire j’angoisse car nous avons plusieurs heures d’avance ( et oui tout est possible ici ) et il fait encore nuit…ce n’était vraiment pas au programme…j’avais choisi ce bus et non pas celui de 22h entre autre pour arriver de jour.

Les passagers n’ayant sans doute jamais vu quelqu’un d’aussi pâle me demande à quel arrêt je dois descendre…je comprends à ce moment là qu’on ne s’arrêtera pas dans une gare de bus comme annoncé lors de l’achat du billet…

Je rassemble tant bien que mal mes affaires, à la descente du bus c’est l’incompréhension, aucun chauffeur de TukTuk ne me saute dessus pour prendre la course, contrairement à d’habitude personne ne veut m’emmener !

Des joueurs de crickets doivent se rendre dans la même gare que moi, je partirai donc avec eux, après 82 selfies, nous arrivons à la gare, l’air du Tuktuk m’a fait du bien.

Il y a du monde, je suis rassurée.

Une fois le soleil au rendez vous, je pars à la chasse à la banane ! Je dois manger quelque chose que je suis certaine de digérer…pas de bol c’est trop tôt le marché n’est pas encore ouvert…info ou intox ? ..les bananes les plus proches sont à 3km ! Peu de gens parlent anglais dans le coin, j’abdique donc temporairement et je me pose dans un petit bistrot à côté de la gare.

Une fois remise, je resterai dans le quartier et je serai extrêmement étonnée par le comportement exemplaire des indiens d’Ahmedabad, personne ne m’embêtera ici si ce n’est quelques enfants des rues qui seront tout de suite repoussés par les habitants.

Je serai également surprise de trouver des poubelles et des rues aussi propre et un véritable parking à TukTuk


De retour à la gare où l’on porte sa valise sur la tête, j’embarquerais dans un wagon couchette climatisé (catégorie 2AC) pour 17h de trajet qui se dérouleront très bien. Après avoir contemplé les paysages, je m’endormirai comme un bébé. Au petit matin je rencontrerais une indienne avec qui je partagerais le taxi jusqu’à ma destination finale, Panjim !

Je suis désormais dans le sud, une page se tourne